​2020 - par Dhyâna Massages

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    • Partie 2

    Le massage des personnes âgées


    Le toucher, trois approches

    À l’origine était le massage (1/3)

    Beaucoup de massages ont une histoire ancestrale et s'inscrivent dans la tradition des plus vieilles civilisations du monde. L'origine de sa pratique peut être retracée jusque dans l’Antiquité, 3 000 ans avant Jésus Christ. Les peuples de la Perse, de l’Égypte en vantent les mérites dans leur littérature. Des textes et illustrations démontrent qu’il faisait partie de la médecine traditionnelle chinoise vieille de 4 000 ans, combiné à des exercices physiques et respiratoires, ainsi que de la médecine ayurvédique de l'Inde (environ 6 000 ans).

    Chez les Grecs, passionnés par la beauté et l'éducation physique, le massage s'inscrivait dans la culture populaire. Il était de coutume dans les palestres de faire suivre un bain d'une bonne friction avec des huiles. Hippocrate (460-377 av. JC), le père de la médecine occidentale, l'utilisait comme méthode de traitement.

    Les Romains pratiquaient les massages dans les endroits publics (salles de repos, gymnases, ateliers de massage), mais ces lieux mal fréquentés se transformèrent en lieux de débauche, ce qui contribua à la mauvaise renommée du massage.

    Si en Orient ces soins du corps ont été plus ou moins conservés par les différentes traditions, ceux-ci sont pourtant tombés en désuétude en Occident pendant de nombreuses années, où la religion (en dévalorisant le corps) et l’esprit rationaliste impulsé par Descartes (en donnant la prédominance à la raison sur le ressenti), ont séparé artificiellement le corps et l’esprit. C’est au 18ème siècle que l’Europe redécouvre que la peau n’est pas seulement une enveloppe mais un organe sensible et que le toucher est un sens à part entière qui peut procurer apaisement, soulagement et bien-être.

    Le mot massage apparaît au 19ème siècle dans le vocabulaire français. Le terme vient du grec massein (en hébreu mashesh et en arabe mass) et signifie presser légèrement, palper, pétrir.

    Depuis le médecin Piorry, qui fut le premier en 1818 à entreprendre des recherches sur les effets du massage, la massothérapie n'a cessé d'évoluer, de faire sa place dans la société et de s'intégrer dans les soins de santé.

    Aujourd’hui, malgré le culte apparent du corps, sportif et visuel, notre mode de vie privilégie les activités de l’intellect au détriment des activités corporelles et néglige –voire occulte– des stimulations sensorielles, celles qui viennent du toucher. Et pourtant, le toucher est un réflexe archaïque qui appartient à l’Homme en général, quelle que soit sa culture.

    Technique ancestrale, le massage est à bien des égards une pratique particulièrement adaptée à nos styles de vie. Fatigue, agressions extérieures, appauvrissement des contacts physiques font malheureusement partie du mode de vie moderne et conduisent chacun d'entre nous à éprouver un jour un certain mal-être.

    Exercée par des professionnels, la pratique régulière du massage rétabli notre équilibre : apportant bien-être et détente, le massage de relaxation est une réponse douce, mais efficace et, de plus, très agréable, au stress du quotidien et devient instrument de développement personnel…

    Dépassant la connotation strictement médicale ou à visée exclusivement sexuelle habituellement attribuée de façon réductionniste aux massages (le tantra, l'une des plus célèbres techniques à pratiquer en couple, va pourtant beaucoup plus loin car il est destiné à unifier les partenaires dans la même énergie), les sociétés occidentales redécouvrent cette liaison essentielle et intègrent de l’Orient et de l’Occident à la fois le savoir-faire et le savoir-être.

    Dans un futur proche, le massage pénétrera inévitablement de plus en plus notre mode de vie, car il fait partie d'une hygiène de vie, au même titre que la musique comble l'ouïe, la gastronomie le goût, les parfums l'odorat, la peinture la vue…

    Le sens du toucher, oublié, occulté, délaissé, est aujourd'hui réhabilité tant le besoin s'en fait sentir. Instrument de partage, il est communication non verbale et apaisement, il est meilleure connaissance de soi et des autres, convivialité et confiance.