• Partie 3

Le massage des personnes âgées


Le toucher, trois approches

En l'état actuel des choses (2/3)

Les massages en Occident sont le domaine réservé des kinésithérapeutes. Prescrits dans une logique médicale et purement symptomatique de la rééducation d’une partie du corps plus ou moins paralysée, ils constituent un système de gymnastique médicale à base d’effleurages, pétrissages, pressions glissées, percussions et les vibrations.

S’inspirant du massage suédois mis au point par le physiologiste Per Henrik Ling -père de la kinésithérapie moderne- ces manœuvres ont une visée uniquement physique de relâchement des tensions musculaires locales et de restauration des tissus.

Le plus souvent sectoriels, ils ne sont pas conçus avec la notion de globalité du corps, pas plus que dans leurs composantes énergétiques, émotionnelles ou psychologiques.

Ne faisant l'objet d'aucun diagnostic et n'ayant aucune visée symptomatique, les massages orientaux, à la fois relaxant et dynamisant, ne sont pas médicaux au sens occidental du terme.

Dans la passivité qu'il impose, les sens tournés vers l'intérieur, l'individu s'apaise et tranquillise son système nerveux, retrouve l'unité et la conscience de lui-même. On assiste à une redécouverte du corps, qui est la base de la connexion à soi-même (ressenti, émotions) et à la réalité. Il y a passage de la conscience de "j'ai un corps" qu'il faut entretenir et réparer à "je suis mon corps".

Selon la plupart des massages traditionnels orientaux (Do-in, Amma, Thaï, Shiatsu, Réflexologie plantaire), l'univers est parcouru par un souffle appelé Purâna ou Prâna chez les Indiens, Chi en Chine et Qi au Japon et où l'homme est un microcosme relié à l’univers. Tous les êtres vivants pourvus d'une certaine quantité de cette énergie dès la naissance, héritée de leurs ancêtres, doivent l'entretenir par l'activité physique, l'alimentation et la respiration.

Les massages de relaxation favorisent la connexion à cette énergie, permettent sa libre circulation dans le corps et visent à rectifier les déséquilibres. Or, ces derniers précédant les symptômes, le massage se veut avant tout préventif. Il est le plus souvent accompagné, en cas de trouble chronique, de préparations médicinales particulières et de conseils alimentaires.

La peau : une conscience du corps

Couvrant la globalité du corps, notre peau pèse 4 kg pour environ 2 m² de superficie. Elle mobilise 70 % de la circulation sanguine et près de 650 000 récepteurs sensoriels, soit la quasi-totalité des terminaisons nerveuses. La peau est issue du même feuillet embryologique que le cerveau : l'ectoderme, qui donnera naissance à l'ensemble du système nerveux ainsi qu'à l'ensemble des organes des sens. Comme si la peau était la surface extérieure du cerveau ou bien le cerveau la couche la plus profonde de la peau, peau et cerveau sont ainsi les deux parties d'un même tout.

Outre ses fonctions d'élimination, de protection, de sécrétion, de respiration, la peau est l’interface du corps avec le monde, et nous permet donc d'avoir la conscience de nous-mêmes. La parcourir donne la conscience de la corporalité, de l’incarnation, de l'unité du corps.

    ​2020 - par Dhyâna Massages

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