• Catherine

L'éjaculation précoce

Partie 3

Comment pratiquer les exercices de gestion de son excitation ?

La première étape consiste à repérer la sensation d'imminence de l'éjaculation. C'est une impression fugace, qui précède le point de non-retour. Tous les hommes sentent bien ce moment à partir duquel il n'est plus possible de se contenir. En revanche, la sensation d'imminence est plus discrète et il faut un certain entraînement pour ne pas la rater. Une fois que l'homme sent ce seuil, il peut apprendre à bloquer volontairement son éjaculation.

Exercice stop and go

Cet exercice se pratique seul ou à deux. C'est une technique efficace, simple mais contraignante, et parfois longue. Elle consiste à stimuler le pénis en se masturbant soi-même, ou en demandant à sa partenaire de le faire. Juste avant le point de non-retour, on arrête tout. On attend quelques dizaines de secondes, on recommence. Et ainsi de suite, au moins quatre ou cinq fois, avant de s'autoriser à éjaculer.

Cette technique doit être utilisée systématiquement à chaque rapport, plusieurs fois par semaine et pendant plusieurs mois.

Exercice squeeze

Basé sur un principe identique au stop and go, il se déroule en plusieurs phases. La première consiste à stimuler le pénis et, au moment de la sensation d'imminence, à presser la racine du gland entre le pouce et l'index, le pouce étant posé sur le frein de la verge. Cette compression, maintenue deux à trois secondes diminue l'excitation et stoppe le réflexe éjaculatoire. Cet exercice doit être répété plusieurs fois.

Au bout de quelques jours, on passe à l'étape suivante, qui nécessite la collaboration du partenaire, puisqu'il s'agit d'exercer cette technique de contrôle au cours d'une pénétration. Une seule position est autorisée, celle dite d'Andromaque, l'homme allongé dessous, la femme le chevauchant.

Au début, tous deux restent immobiles et, au moment où l'homme signale l'imminence de l'éjaculation, la femme se retire et pratique immédiatement la compression. La pénétration est ainsi répétée jusqu'à obtenir quinze à vingt minutes sans éjaculation. Petit à petit, au fur et à mesure que le partenaire améliore sa maîtrise, les mouvements sont autorisés. Puis, progressivement le couple utilise d'autres positions.

Une fois le contrôle acquis, le couple peut recommencer à avoir des rapports intimes. Au début, l'homme se dégagera de la femme dès qu'il sentira son plaisir arriver. Puis, il reprendra confiance, et parviendra à rester plus longtemps. Plusieurs mois sont nécessaires pour installer ce reconditionnement. Le résultat est d'autant plus concluant que la démarche est entreprise en couple, avec une partenaire motivée.

Soyez patient. Si vous faites l’amour trois fois par semaine, comptez un à deux mois pour accéder à un contrôle satisfaisant de votre éjaculation, si vous avez des relations plus espacées, six mois d’entraînement sont nécessaires pour y parvenir.

Il existe également des préservatifs retardant le plaisir. Ces condoms contiennent un anesthésique local et sont efficaces pour dépanner un homme qui n’a pas encore réussi à contrôler ses éjaculations.

Pour finir, un peu d'anatomie

L'appareil génital masculin est constitué d'un pénis, de deux testicules ainsi que de glandes annexes (vésicule séminale, prostate et glande bulbo-urétrale). Les testicules rejoignent les vésicules puis la prostate par le canal déférent et se transforme en canal éjaculateur. Le pénis est constitué de trois corps érectiles : deux corps dits "caverneux" qui sont de larges réservoirs riches en veines et en artères, et un corps spongieux renfermant l'urètre, par lequel s'écoule l'urine ou le sperme.

Quand une excitation sexuelle survient, les corps érectiles reçoivent des ordres en provenance du cerveau. Les vaisseaux sanguins se dilatent et les corps érectiles se remplissent de sang, c'est l'érection. Avant l'étape de l'éjaculation, les spermatozoïdes remontent le long du canal déférent et rejoignent les vésicules séminales pour y être stockés.

Au moment de la phase d'émission, une contraction quasi-simultanée se produit au niveau des canaux éjaculateurs, des vésicules séminales, de la prostate ainsi que des glandes bulbo-urétrales afin de constituer le sperme. La tension augmente progressivement jusqu'au déclenchement de la phase d'expulsion. Les muscles à la base du pénis, les muscles périnéaux, se contractent pour permettre l'évacuation du sperme, c'est le réflexe éjaculatoire. Cette dernière phase est régie par une partie du système nerveux qu'on ne peut pas contrôler par la volonté. Une fois déclenchée, l'expulsion échappe donc à tout contrôle.

En revanche la phase qui précède le réflexe éjaculatoire peut être relativement maîtrisée afin de retarder l'éjaculation. C'est à ce niveau que les traitements médicamenteux entrent en jeu : agissant au niveau du cerveau, il libèrent de la sérotonine, un messager chimique qui permet un meilleur contrôle de l'éjaculation précoce dans un certain nombre de cas.

    ​2020 - par Dhyâna Massages

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