• Catherine

Kama Sutra : 1


Je vous propose plusieurs posts sur ce livre extraordinaire.

Bonne lecture.

Un peu d'explication

Lorsqu'on entend Kama Sutra, on s'imagine souvent des couples se livrant à des contorsions amoureuses. Le Kama Sutra, c'est certes cela, mais c'est bien autre chose aussi !

Nous allons le voir en revenant aux sources des textes anciens qui l'ont fondé :

Kama est un mot indien qui englobe les notions de désir et de plaisir et Sutra signifie guide, livre.

L'idée fondamentale du Kama Sutra, littéralement "Un guide du désir", est d'offrir aux amants le plaisir et l'accomplissement de soi par le biais de l'érotisme.

Signalons d'ailleurs que le Kama Sutra est le premier livre de l'histoire de l'humanité à traiter de la vie commune de l'homme et de la femme. Il ne se borne ni aux positions sexuelles ni même à la vie amoureuse, mais est un manuel d'éducation qui aborde tous les thèmes de la vie commune, doublé d'un document social sur la cour, la séduction, le mariage et les relations dans la société hindoue.

D'autres ouvrages sont venus par la suite enrichir et compléter les textes initiaux : l'Ananga ranga, qui s'adresse aux mariés ; le Jardin parfumé pour le repos de l'esprit, où l'auteur traite de nombreux sujets : les stratégies de séduction, l'effet aphrodisiaque de certains mets, des avertissements sur la santé sexuelle, la composition des baumes et parfums, les méthodes d'exploration du corps de la femme...

Sans contexte l'ouvrage le plus précurseur dans le domaine de la sensualité.

Viens enfin Le tao de l'amour. Ce texte, plus ancien que les trois autres, s'appuie sur le taoïsme, une philosophie chinoise selon laquelle la vie résulte d'un équilibre entre les opposés que sont le Yin et le Yang. L'énergie sexuelle y est présente à travers la semence masculine qui, essence vitale, ne doit pas être gaspillée si l'homme veut développer sa vie spirituelle. Il y est donc conseillé d'apprendre l'orgasme sans éjaculation. En outre, plus les rapports sont longs et fréquents, plus les partenaires en retireront un profit pour ce qui est de la longévité, de la santé, de l'apaisement intérieur.

Ainsi, lorsque l'on parle du Kama Sutra, il faut donc parler de ces quatre livres, écrits à des époques différentes par des personnes de cultures différentes.

Au dix-neuvième siècle, le chercheur orientaliste Richard Francis Burton rapporta le manuscrit de Vatsyayana en Angleterre et le traduisit du sanskrit. Dans l'Angleterre Victorienne, l'ouvrage fit fureur, mais également scandale !

Et ce scandale fût tel qu'il contraint Sir Burton a fonder un club privé, la Victorian Kama Shastra Society, où des hommes de l'élite sociale ayant goût pour l'érotisme pourraient lire ces textes sulfureux, uniquement par souscription privée afin d'éviter une plainte pour atteinte aux bonnes mœurs.

Tombés dans l'oubli, ces textes seront redécouverts dans les années 1960 par un large public. Mais faut-il suivre à la lettre ces textes anciens ?

Non, bien sûr que non. Même si de nombreux traits de la nature humaine sont intemporels, il est évident que le contexte a changé depuis le temps où ces textes anciens ont été écrits. Par exemple, les rôles respectifs de l'homme et de la femme ont beaucoup évolué au cours des dernières décennies.

C'est pourquoi, il est intéressant de lire ces textes, mais ne cherchons pas à les appliquer à la lettre. Considérons plutôt qu'il faut leur trouver une nouvelle actualité avec nos paramètres d'aujourd'hui.

Commençons par... le commencement.

Pour bien comprendre l'esprit du Kama Sutra, il est nécessaire de faire un aparté sur les zones génitales de l'homme, le lingam, et de la femme, le yoni (lieu en sanskrit).

En effet, dans l'Inde antique, le sexe de la Devi, le yoni, est un objet d'adoration et d'extase, il représente à la fois une source de vie et une source de plaisir. On le représente généralement par un triangle avec la pointe en bas (triangle pubien), symbole fondamental du tantrisme.

C'est le symbole de la porte ouvrant sur la connaissance secrète, et l'organe qui produit la vie en "hébergeant" le lingam lors de la fusion sexuelle.

Dans l'esprit du Kama Sutra, le yoni n'est pas seulement la vulve féminine, mais a une portée symbolique qui va bien au-delà de l'organe : c'est la source de toute vie, de toute création.

Le lingam, signe ou marque en sanskrit, est le phallus que l'on associe à la puissance virile. Il n'est pas vénéré en tant que tel, mais plutôt adoré en tant que représentation de Shiva. En réalité, le yoni et le lingam sont difficilement dissociables. C'est leur union qui symbolise la création et, par extension, la totalité du monde.

    ​2020 - par Dhyâna Massages

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