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L'éjaculation précoce

Quand parle-t-on d'éjaculation précoce ?

On qualifie une éjaculation de précoce ou rapide :

- lorsqu'elle survient toujours ou presque toujours avant la pénétration vaginale ou dans la minute qui suit la pénétration,

- qu'il existe une incapacité à retarder l’éjaculation lors de chaque ou presque chaque pénétration vaginale,

- que cette situation entraîne des conséquences négatives, telles une détresse, une frustration, une gêne et/ou un évitement des relations sexuelles.

Parmi les hommes souffrant d’éjaculation précoce permanente, 90 % éjaculent en moins d’une minute (et 30 à 40 % en moins de 15 secondes), 10 % éjaculent entre une et trois minutes après la pénétration. 5 % de ces hommes éjaculent involontairement avant même la pénétration.

On distingue l’éjaculation précoce primaire, qui est présente à chaque rapport avec des partenaires différentes durant toute la vie, et l’éjaculation précoce secondaire ou acquise qui apparaît alors qu’elle n’était pas présente lors des précédents rapports sexuels.

L'éjaculation non maîtrisée toucherait un homme sur trois. Il est toutefois difficile d’obtenir des chiffres précis, d’autant que le diagnostic est longtemps resté vague. Par ailleurs, très peu d’hommes se considérant comme atteints par ce trouble consultent un médecin pour cette raison.

Quelles sont les causes de l'éjaculation précoce ?

Dans 90 % des cas, le problème existe depuis le début de la vie sexuelle.

Si aucune anomalie physique n'est en cause, il s'agit uniquement d'un trouble du comportement éjaculatoire. Aussi, l'éjaculation précoce ne représente pas un problème grave puisqu'il y a érection et éjaculation.

Le problème se limite juste à la difficulté de contrôler l'éjaculation.

Et le contrôle, ça s'apprend !

Diverses causes entrent en jeu, mais dans la grande majorité des cas, l'éjaculation précoce a une origine psychologique :

- l’anxiété, notamment l’anxiété de performance ou peur de l'échec,

- le fait d’avoir une nouvelle partenaire,

- des premières expériences vécues dans la rapidité par peur d'être surpris,

- des conflits inconscients,

- des difficultés conjugales,

- une activité sexuelle peu fréquente,

- le sevrage ou l’abus de certains médicaments ou drogues (notamment les opiacés, les amphétamines, les médicaments dopaminergiques, etc.),

- l’abus d’alcool...

Les causes ne manquent pas !

Bien qu'il apparaisse évident que certains facteurs psychologiques et environnementaux ont un rôle à jouer, plusieurs facteurs biologiques peuvent également favoriser ce trouble, notamment :

- une hypersensibilité du gland,

- une hyperexcitabilité du réflexe d’éjaculation,

- des troubles de la transmission des messages nerveux dans le cerveau ou une hypersensibilité de certains récepteurs nerveux (notamment les récepteurs à la sérotonine),

- une inflammation de la prostate (prostatite chronique),

- des anomalies de la glande thyroïde (hyperthyroïdie),

- une maladie neurologique, comme la sclérose en plaques.

Aucune étude à grande échelle n’a cependant pour l’instant mis en évidence de façon claire le rôle de l’une ou l’autre de ces causes neurobiologiques.

En outre, certains hommes pensent que ce problème est dû à leur trop grande sensibilité. C'est faux et c'est même plutôt l'inverse. En effet, si leur éjaculation se produit de façon réflexe et incontrôlée, c'est qu'ils ne sont pas sensibles aux différentes étapes de la montée du plaisir.

Pourquoi associe-t-on l'éjaculation précoce à des problèmes d'anxiété ou de manque de confiance ?

Le stress et l'anxiété accélèrent toujours le réflexe d'éjaculation. C'est un héritage de notre animalité. En effet, l'animal stressé par peur de l'attaque d'un prédateur éjaculera plus vite et l'homme n'y échappe pas. L'anxiété va donc toujours avoir un effet accélérant sur l'excitation et sur la survenue de l'éjaculation.

L'image de soi intervient également. Dans notre société, la sexualité a une grande importance et le genre humain a abandonné l'instinct sexuel au profit de la recherche du plaisir. Cette recherche demande une performance à tout prix et l'homme qui ne se sent pas à la hauteur de ses espérances se sent dévalorisé.

Se posent alors les fondements d'une spirale négative dans laquelle beaucoup s'enferment sans vraiment savoir comment s'en sortir.


En deçà de quelle durée d'érection parle-t-on d'éjaculation précoce ?

Dans l'évolution de l'espèce humaine, seuls les éjaculateurs rapides ont été sélectionnés. En effet, il y a plusieurs millions d'années, le rapport sexuel devait être très court car le couple, extrêmement vulnérable à ce moment-là, risquait à tout moment d'être surpris par un prédateur. Il y a donc une prédétermination génétique et tous les hommes sont des éjaculateurs rapides. Cependant, depuis quelques dizaines d'années, la prise en compte du plaisir de sa partenaire a fait évoluer la vision d'un rapport sexuel réussi pour l'homme.

Le temps de coït chez l'homme, prédéterminé selon les espèces, est de moins de deux minutes. Cependant, au niveau de la sexualité humaine, le vrai problème est la synchronisation et la satisfaction mutuelle : certains couples auront une durée de coït brève et en seront satisfaits, d'autres non. La notion de gestion de l'éjaculation peut donc déterminer le fait d'être éjaculateur précoce ou non.

À partir de quel âge peut-on dire que l'on a une éjaculation précoce ?

L'éjaculation rapide est en grande partie un trouble de l'apprentissage et une difficulté à gérer cette excitation sexuelle : plus on fait l'amour jeune, moins on a de temps pour apprendre à la gérer. A contrario, plus le temps d'apprentissage est long et plus l'homme sera en mesure de se maîtriser.

En outre, la curiosité que le jeune homme a exercé envers son sexe, et aux sensations qu'il a pu en tirer, lui permettra d'être plus tard mieux à l'écoute de son corps et donc de reconnaître les différentes étapes de l'excitation afin d'en "jouer" pour retarder la survenue de l'éjaculation.

Enfin, l'éjaculation rapide concerne souvent des hommes décentrés de leur ressenti : préoccupés par leur partenaire ou par le fait de ne pas y arriver, ils ne sont pas en mesure de se centrer sur eux-mêmes. Et hors de soi, il est extrêmement difficile de gérer son excitation sexuelle...

Il faut toutefois souligner que l’éjaculation précoce, lors des premiers rapports sexuels ou d’une nouvelle relation, est normale. Elle ne devient problématique que si elle constitue une gêne réelle.

L’orgasme masculin est-il lié à l’éjaculation ?

Hormis lors de la pratique du tantrisme, où il est possible d'atteindre l'orgasme sans éjaculation (orgasme prostatique), l’orgasme est en général lié à l’éjaculation. En effet, le temps écoulé entre la survenue de l'éjaculation et celle de l'orgasme est de l'ordre de quelques millisecondes. Cependant, chaque éjaculation n'est pas à chaque fois synonyme d'orgasme ou de plaisir, et n'a pas toujours la même intensité. La sexualité des hommes est infiniment complexe...

Comment retenir son éjaculation plus longtemps ?

Lors d’une éjaculation rapide, il n’y a pas de contrôle. Un homme qui éjacule rapidement est un homme débordé par ses sensations : cela n'a aucun rapport avec sa volonté, même s'il tente de fournir un effort pour se maîtriser. Si un homme est conditionné par son éjaculation précoce, dès qu’il sera stimulé et sachant qu’il est précoce, il éjaculera sans aucun point de recul. Cependant, ce désagrément s'arrange bien car ce n'est qu'un réflexe conditionné.

En premier lieu, il est impératif de mettre un temps de réaction entre les choses. Par exemple, prendre le temps de s’arrêter pendant le rapport pour caresser sa partenaire, être caressé sur des zones du corps moins érogènes mais néanmoins agréables (intérieur des cuisses, ventre, mamelons, bras, mains, visages, etc.), puis de recommencer les stimulations plus précises sur les zones primaires sexuelles, permet de ne pas être débordé par ses sensations.

Est-ce efficace de contracter le périnée afin d'éviter l'éjaculation (rétrograde) ?

La contraction du périnée est parfois présentée comme une méthode efficace dans la gestion de l'excitation sexuelle. Cependant, bien que la musculation des muscles pubo-coccygiens permettent de maintenir une érection ferme et durable, la contraction musculaire a tendance à augmenter l'intensité sexuelle. Utilisée seule elle n'est donc pas suffisante pour retarder l'éjaculation.

Quels sont les traitements de l'éjaculation précoce ?

Psychiatres et sexologues ne s'accordent pas toujours sur les méthodes pour en finir avec l'éjaculation précoce. Si certains plaident pour une approche psychologique, d'autres recommandent des techniques de respiration ou le recours à des mouvements de bassin censés favoriser une plus grande maîtrise.

Le tout pouvant s'accompagner de prescriptions de crèmes anesthésiantes à appliquer sur le sexe pour diminuer sa sensibilité (mais nullement recommandées car elles émoussent les sensations de la partenaire), voire d'antidépresseurs (à manipuler avec beaucoup de précaution car ils font baisser la libido), pour ralentir le mécanisme. Plusieurs solutions médicamenteuses sont possibles pour ralentir l'éjaculation mais leurs effets ne sont que temporaires. Seul un véritable reconditionnement peut régler le problème.

En outre, la prise de médicaments fait aujourd'hui débat car, si elle semble efficace pour de nombreux patients, il n'est pas facile d'envisager l'après, et d'aucuns redoutent le retour à la case départ en cas d'arrêt du traitement. En dépit d'un consensus général entre les différents médecins, la consultation semble être une démarche positive. Une manière de ne pas s'enfermer dans son problème, sans dialogue ou porte de sortie. À en croire les spécialistes, essayer de guérir, c'est d'abord briser le tabou.

Ainsi, il est possible de se sortir de cette situation en suivant plusieurs pistes :

- suivre une psychothérapie de couple ayant pour objectifs de diminuer l'anxiété de performance et d'augmenter sa confiance sexuelle,

- rechercher et tenter de résoudre les problèmes psychologiques ou relationnels qui ont pu précipiter l'évolution de l'éjaculation prématurée,

- suivre un traitement médical avant le rapport, ou un traitement quotidien à base d'antidépresseurs,

- gérer son excitation avec des exercices (squeeze, stop and go) qui permettent de reconnaître les différents stades de la montée du plaisir, étape indispensable pour parvenir à se contrôler,

- recevoir des massages d'accompagnement (massage Aide à la retenue), qui, par la passivité qu'ils induisent chez le receveur, permettent que celui-ci reste concentré sur son propre plaisir et ses propres sensations et le délivre de la pression liée à l’obligation de résultat d'un rapport sexuel.

Ces massages vous permettront :

- d'intérioriser le mode d’emploi de votre corps pour devenir réceptif à vos propres sensations et de ne plus craindre le toucher,

- de découvrir la confiance, la détente, la sensualité, la disponibilité, et ainsi vous aider à réguler votre fonction sexuelle pour retarder votre éjaculation,

- d'apprendre à vous laisser aller, pour que votre sexualité redevienne quelque chose de simple et de naturel,

- de diminuer l'excitation pure pour faciliter le passage vers la volupté.

Par de longs mouvements doux, vous découvrirez que votre plaisir se diffuse à toute la surface de votre corps et non uniquement sur vos organes sexuels. Vous apprendrez à jouer avec votre excitation sans vous laissez emporter par elle. Un travail sur la respiration sera également utilisé.


Comment pratiquer les exercices de gestion de son excitation ?

La première étape consiste à repérer la sensation d'imminence de l'éjaculation. C'est une impression fugace, qui précède le point de non-retour. Tous les hommes sentent bien ce moment à partir duquel il n'est plus possible de se contenir. En revanche, la sensation d'imminence est plus discrète et il faut un certain entraînement pour ne pas la rater. Une fois que l'homme sent ce seuil, il peut apprendre à bloquer volontairement son éjaculation.

Exercice stop and go

Cet exercice se pratique seul ou à deux. C'est une technique efficace, simple mais contraignante, et parfois longue. Elle consiste à stimuler le pénis en se masturbant soi-même, ou en demandant à sa partenaire de le faire. Juste avant le point de non-retour, on arrête tout. On attend quelques dizaines de secondes, on recommence. Et ainsi de suite, au moins quatre ou cinq fois, avant de s'autoriser à éjaculer. Cette technique doit être utilisée systématiquement à chaque rapport, plusieurs fois par semaine et pendant plusieurs mois...

Exercice squeeze

Basé sur un principe identique au stop and go, il se déroule en plusieurs phases. La première consiste à stimuler le pénis et, au moment de la sensation d'imminence, à presser la racine du gland entre le pouce et l'index, le pouce étant posé sur le frein de la verge. Cette compression, maintenue deux à trois secondes diminue l'excitation et stoppe le réflexe éjaculatoire. Cet exercice doit être répété plusieurs fois. Au bout de quelques jours, on passe à l'étape suivante, qui nécessite la collaboration du partenaire, puisqu'il s'agit d'exercer cette technique de contrôle au cours d'une pénétration. Une seule position est autorisée, celle dite d'Andromaque, l'homme allongé dessous, la femme le chevauchant.

Au début, tous deux restent immobiles et, au moment où l'homme signale l'imminence de l'éjaculation, la femme se retire et pratique immédiatement la compression. La pénétration est ainsi répétée jusqu'à obtenir quinze à vingt minutes sans éjaculation. Petit à petit, au fur et à mesure que le partenaire améliore sa maîtrise, les mouvements sont autorisés. Puis, progressivement le couple utilise d'autres positions.

Une fois le contrôle acquis, le couple peut recommencer à avoir des rapports intimes. Au début, l'homme se dégagera de la femme dès qu'il sentira son plaisir arriver. Puis, il reprendra confiance, et parviendra à rester plus longtemps. Plusieurs mois sont nécessaires pour installer ce reconditionnement. Le résultat est d'autant plus concluant que la démarche est entreprise en couple, avec une partenaire motivée. Soyez patient. Si vous faites l’amour trois fois par semaine, comptez un à deux mois pour accéder à un contrôle satisfaisant de votre éjaculation, si vous avez des relations plus espacées, six mois d’entraînement sont nécessaires pour y parvenir.

Il existe également des préservatifs retardant le plaisir. Ces condoms contiennent un anesthésique local et sont efficaces pour dépanner un homme qui n’a pas encore réussi à contrôler ses éjaculations.

Pour finir, un peu d'anatomie

L'appareil génital masculin est constitué d'un pénis, de deux testicules ainsi que de glandes annexes (vésicule séminale, prostate et glande bulbo-urétrale). Les testicules rejoignent les vésicules puis la prostate par le canal déférent et se transforme en canal éjaculateur. Le pénis est constitué de trois corps érectiles : deux corps dits "caverneux" qui sont de larges réservoirs riches en veines et en artères, et un corps spongieux renfermant l'urètre, par lequel s'écoule l'urine ou le sperme.

Quand une excitation sexuelle survient, les corps érectiles reçoivent des ordres en provenance du cerveau. Les vaisseaux sanguins se dilatent et les corps érectiles se remplissent de sang, c'est l'érection. Avant l'étape de l'éjaculation, les spermatozoïdes remontent le long du canal déférent et rejoignent les vésicules séminales pour y être stockés.

Au moment de la phase d'émission, une contraction quasi-simultanée se produit au niveau des canaux éjaculateurs, des vésicules séminales, de la prostate ainsi que des glandes bulbo-urétrales afin de constituer le sperme. La tension augmente progressivement jusqu'au déclenchement de la phase d'expulsion. Les muscles à la base du pénis, les muscles périnéaux, se contractent pour permettre l'évacuation du sperme, c'est le réflexe éjaculatoire. Cette dernière phase est régie par une partie du système nerveux qu'on ne peut pas contrôler par la volonté. Une fois déclenchée, l'expulsion échappe donc à tout contrôle.

En revanche la phase qui précède le réflexe éjaculatoire peut être relativement maîtrisée afin de retarder l'éjaculation. C'est à ce niveau que les traitements médicamenteux entrent en jeu : agissant au niveau du cerveau, ils libèrent de la sérotonine, un messager chimique qui permet un meilleur contrôle de l'éjaculation précoce dans un certain nombre de cas.

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