• Catherine

Disparition

Des villes aux routes, en passant par les barrages et les centrales électriques, l’homme s’est depuis longtemps approprié la terre. Mais que se passerait-il si soudainement, tous les humains disparaissaient de sa surface ?

Voilà ce qui se produirait si l’humain venait à disparaître de la surface de la terre. Nul besoin de prendre en compte les raisons qui auraient décimé les hommes, seulement le fait qu’il n’en resterait plus un seul :

Première conséquence de cette disparition : la majorité des lumières du monde entier s’éteindraient rapidement les unes après les autres. La majorité des centrales électriques sont nourries aux énergies fossiles et celles-ci nécessitent l’action de l’homme. Elles cesseraient donc rapidement de fonctionner et l’électricité disparaîtrait en vingt-quatre heures.

En ce qui concerne les énergies renouvelables qui proviennent des éoliennes ou des panneaux solaires, celles-ci continueraient de fonctionner quelque temps, avant, finalement, d’être à leur tour inutilisables, notamment à cause des aléas de la météo qui viendraient les abîmer. Quant aux centrales nucléaires, elles passeraient très rapidement en mode sécurité. Finalement, seules les régions alimentées par l’énergie hydraulique bénéficieraient encore de l’électricité.

Seulement deux à trois jours après la disparition de l’homme, les métros du monde entier se retrouveraient submergés par les eaux. En effet, les pompes qui les protègent des eaux souterraines ne peuvent pas fonctionner sans une intervention humaine.

Après dix jours, des milliards de poulets et des millions de vaches, ainsi que d’autres animaux agricoles, mourraient de faim et de soif, enfermés dans leurs enclos, de même que pour nos animaux domestiques. En effet, les chiens et chats qui seraient restés enfermés dans nos appartements ou nos maisons connaîtraient le même sort. Cela étant, certains devraient réussir à s’enfuir, animés par l’instinct de survie.

Cependant, de nombreuses races domestiques ne sont plus morphologiquement adaptées à vivre livrées à elles-mêmes dans la nature. Par exemple, les bouledogues américains sont des chiens très courts sur pattes mais aussi assez larges et ils auraient beaucoup de mal à pouvoir chasser.

Il en va de même pour les chiens tels que les chihuahuas ou les bichons, dont la mâchoire n’est pas assez puissante pour tuer une proie durant une partie de chasse. D’ailleurs, quelques semaines seulement après la disparition de l’humain, il ne devrait plus rester de petits chiens ou très peu. Ces derniers auront très probablement servi de proie à de plus gros canidés.

Puis, les centrales nucléaires finiraient par relâcher des vapeurs toxiques dans l'air, accompagnées d'explosions bien plus fortes que celles de Tchernobyl ou Fukushima. Des millions d’animaux mourraient d’un cancer.

Un an après la disparition de l’homme, les nombreux satellites envoyés en orbite par les hommes commenceraient à tomber du ciel et à venir s'écraser sur la terre.

Après vingt-cinq ans, nos routes et nos villes seraient recouvertes de plantes qui, petit à petit, auraient commencé à pousser. Tous les animaux sauvages, proies et prédateurs, reviendraient habiter là où les hommes autrefois demeuraient. Ainsi, les chiens qui auraient survécu jusque-là se croiseraient sûrement à nouveau avec les loups.

L’air, de son côté, serait alors beaucoup moins pollué et dans certaines villes, la visibilité à longue distance serait sept fois plus importante qu’elle ne l’est actuellement. D’autre villes, comme Dubaï et Las Vegas, seraient quant à elles englouties sous le sable. Le désert reprendra ses droits, tout comme la nature en général.

Après plus de trois cents ans, nos constructions métalliques, comme la tour Eiffel ou certains ponts, commenceraient eux aussi à céder puisque personne n’aurait pu les peindre et les traiter contre la corrosion. De la même façon, les derniers immeubles et buildings encore debout finiraient finalement par s’écrouler.

A ce stade, les animaux sauvages, qu’ils soient volatiles ou marins, auraient recoloniser leurs habitats naturels. Les baleines, par exemple, profileraient à nouveau dans les océans.

Au bout de dix mille ans, les seules traces des constructions humaines seraient quelques édifices de pierre, comme les pyramides égyptiennes ou la grande muraille de Chine. Puis, cinquante mille ans après la disparition de l’homme, la seule trace qu’il en resterait serait des morceaux de verre ou encore de plastique.

Dans cinquante millions d’années, ces derniers finiraient également par disparaître.

La terre serait alors comme à son commencement. La nature aurait repris entièrement ses droits et serait florissante.

Si, plus de trois cents millions d’années après la disparition de l’homme, une nouvelle espèce venait à apparaître, celle-ci ne remarquerait même pas notre passage.

    ​2020 - Dhyâna

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