Choisissez d’aimer sans douleur
- Catherine

- il y a 1 jour
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Si vous avez traversé plusieurs relations amoureuses frustrantes, vous en êtes peut-être venu à cette conclusion amère : aimer fait parfois plus mal que cela ne devrait… et plus mal encore que nous ne le méritons.
L’amour peut nous offrir de grands bonheurs. Il illumine, il relie, il ouvre le cœur. Mais lorsque nous ne savons pas le vivre de façon juste, ou lorsque nous le partageons avec la mauvaise personne, il peut aussi devenir une source de souffrance profonde.
Infidélités, dépendance affective, jalousie, peur de perdre l’autre… autant d’épreuves qui blessent l’âme et finissent par troubler ce qui, au départ, semblait si beau. Alors une question se pose : attendons-nous trop de l’être aimé ? Et pourquoi ce qui nous semblait être une promesse de bonheur se transforme-t-il parfois en douleur ?
Aujourd’hui, beaucoup aspirent à une chose simple et essentielle : aimer sans souffrir. Mais comment y parvenir ?
Aimer fait mal. C’est comme s’abandonner à être écorché et savoir qu’à tout moment l’autre personne pourrait partir avec votre peau.
Susan Sontag
Apprenons-nous à souffrir par amour ?
La question peut surprendre, et pourtant elle mérite d’être posée : et si, d’une certaine manière, nous avions appris à souffrir par amour ?
Souvent, nous croyons aimer librement, selon notre seule nature. Mais il faut bien reconnaître que notre façon de penser l’amour a été modelée, dès l’enfance, par notre éducation, notre culture, notre environnement, nos blessures et nos modèles affectifs. Si nous étions nés ailleurs, dans un autre contexte, nous aimerions peut-être autrement.
Alors, une autre question surgit : que deviendraient certaines de nos souffrances si nos repères amoureux étaient différents ? Que deviendrait, par exemple, la jalousie dans une culture où les relations ne répondraient pas aux mêmes codes ?
Notre société nous enseigne que l’amour est l’un des grands chemins du bonheur. Et c’est vrai, en partie. Mais elle nous transmet aussi, parfois sans le dire clairement, l’idée que ce bonheur s’accompagne inévitablement de peur, de manque, d’angoisse ou de possession.
Parmi les difficultés les plus fréquentes dans la vie de couple, on retrouve souvent :
la peur de la routine, que tant de couples redoutent ;
les conflits, qui peuvent tantôt fragiliser, tantôt faire mûrir une relation ;
la jalousie, qui abîme la confiance ;
les infidélités, qui blessent profondément et laissent un sentiment de trahison.
Ce ne sont là que quelques exemples. Car, curieusement, lorsque nous aimons, nous glissons parfois vers l’idée que l’autre nous appartient un peu. Nous attendons beaucoup de lui, parfois trop. Et à la moindre déviation de nos attentes, nous souffrons.
Toute relation repose sur une forme de confiance. Mais il faut aussi regarder les choses avec lucidité : certaines relations nous décevront, parfois durement, parce que la confiance que nous avons offerte ne sera pas respectée.
Ne souffrez plus par amour
Nous partageons presque tous, plus ou moins, une vision semblable du couple amoureux : fidélité, complicité, stabilité, compréhension, soutien. Et il est naturel de désirer cela. Mais il est tout aussi important de se demander comment vivre l’amour sans y laisser sa paix intérieure.
Car aimer ne devrait pas signifier s’effondrer. Aimer ne devrait pas vouloir dire se perdre, s’oublier ou s’abîmer. L’amour peut comporter des fragilités, mais il n’a pas vocation à devenir une douleur permanente.
Alors, comment se libérer de cette souffrance ?
D’abord, en cessant de croire qu’aimer exige de tout sacrifier.
Il est essentiel de ne pas tout donner au point de se quitter soi-même. Se protéger n’est pas un manque d’amour ; c’est une forme de respect intérieur. Rester soi-même, ne pas se laisser modeler entièrement par l’autre, préserver son identité, ses besoins, ses valeurs : voilà une base saine.
Avoir un partenaire devrait contribuer à notre bonheur, non nourrir nos larmes de façon répétée. Cela ne signifie pas qu’une relation soit toujours simple, mais qu’elle ne devrait pas devenir le lieu habituel de notre souffrance.
Il est également sage de ne pas s’engager trop vite. Connaître réellement quelqu’un demande du temps. L’élan du cœur est beau, mais il n’exempte pas de la prudence.
Respecter les espaces personnels est tout aussi précieux. L’amour n’a pas besoin de fusion constante pour être sincère. Bien au contraire. Chacun a besoin de respirer, de garder ses amitiés, ses activités, ses moments de solitude, son jardin intérieur. Être toujours ensemble n’est pas forcément une preuve d’amour ; cela peut parfois fragiliser la relation à long terme.
La dépendance affective, notamment, est un terrain glissant. Lorsqu’on attend de l’autre qu’il comble tous nos manques, qu’il nous rassure sans cesse, qu’il devienne notre unique source de joie ou de stabilité, on fait peser sur la relation un poids qu’elle ne peut pas porter sans s’abîmer.
Certaines personnes, par générosité ou par peur de perdre l’être aimé, donnent tout. Elles s’effacent, se plient, s’oublient. Mais offrir tout sans discernement peut devenir dangereux. Aimer rend vulnérable, c’est vrai. Et cette vulnérabilité est noble lorsqu’elle s’accompagne de confiance. Mais elle ne doit pas devenir abandon total de soi.
Lorsque nous aimons, nous remettons à l’autre une part sensible de nous-mêmes. C’est inévitable. Mais cela ne signifie pas que nous devions lui confier les clés de toute notre valeur.
Nous nous contentons parfois de vivre malheureux parce que nous craignons le changement.— John W. Jacobs
Choisir un amour qui n’abîme pas
Aimer est une expérience magnifique. Mais il arrive qu’une relation nous rende plus malheureux que la solitude elle-même. Et il faut avoir le courage de le reconnaître.
Il est bon, parfois, de s’arrêter et de se poser les vraies questions : cette relation me fait-elle grandir ou me rétrécit-elle ? M’apporte-t-elle de la paix ou m’installe-t-elle dans l’angoisse ? Me permet-elle d’être moi-même ou me pousse-t-elle à me trahir ?
Vous ne méritez pas de souffrir par amour.
L’amour véritable se vit avec passion, oui, mais aussi avec respect. Avec confiance. Avec douceur. Avec liberté. Avec présence. La douleur n’est pas la preuve que l’amour est profond. Bien souvent, elle est seulement le signe que quelque chose, dans la relation ou dans notre manière d’aimer, demande à être regardé avec honnêteté.
Choisir d’aimer sans douleur, ce n’est pas choisir un amour tiède, prudent ou fermé. C’est choisir un amour plus conscient. Un amour qui n’humilie pas, qui ne détruit pas, qui ne mutile pas le cœur.
C’est choisir un amour où l’on peut s’ouvrir sans se perdre.Un amour où l’on peut donner sans se sacrifier.Un amour où l’on peut rester soi, pleinement, sans avoir à souffrir pour prouver que l’on aime.
Choisissez d’aimer sans douleur