top of page

Pourquoi le yoga ?

Faire le poirier après pas mal d’années de fâcheries avec l’activité physique en général, décourageant...

Ouvrir ses chakras, oui, mais qu'est-ce que c'est "les chakras" ? Agaçant...

 

Entretenir son corps

 

Tous ceux qui pratiquent régulièrement une activité physique le constatent : quand la souplesse du corps s’émousse, entraînant raideurs, douleurs et essoufflement, le yoga offre une alternative intéressante. Grâce à un ensemble de postures douces couplées à des exercices respiratoires, le corps récupère sa tonicité. Les ligaments retrouvent leur élasticité et les muscles qui fondent, sollicités sans violence, jouent mieux leur rôle. Ce n’est pas une discipline difficile, chacun avance à son rythme, sans souci de performance.


Après un problème de santé ou un accident, même grave, le yoga peut être efficace pour se maintenir en forme et garder son autonomie.

 

Apaiser les tensions physiques et mentales

 

Attention, le yoga n’a rien à voir avec une médecine douce ou une psychanalyse.

Il n’en reste pas moins qu’en atténuant certaines conséquences de nos conditions de vie moderne –au premier rang desquels le stress, qui s’exprime par des maux de dos ou de ventre, des insomnies, des troubles de la mémoire ou de la concentration– le yoga provoque une détente générale. Rien de magique pourtant. Cela passe par une série d’exercices respiratoires qui libèrent le souffle et, en redonnant de la mobilité au diaphragme, déverrouillent le plexus solaire. Ce sentiment d’apaisement provient également du travail d’écoute de soi entre chaque posture : fermez les yeux pour pouvoir accueillir vos sensations, ne faites plus rien, sauf accueillir les réponses de votre corps, prenez conscience de votre souffle et de la façon dont il anime tout votre buste.

 

Prendre confiance en soi

 

Le yoga est bien plus qu’une gymnastique. Il engage l’être tout entier.

Dos solide et cœur ouvert, corps et esprit en harmonie, on avance dans le monde en ayant moins peur. Lorsqu’on réussit, à force de persévérance, une posture que l’on pensait a priori infaisable, comment ne pas ensuite avoir envie de traverser d’autres obstacles, ainsi rassuré sur ses possibilités. Confiant en soi-même, on devient aussi plus autonome et plus ouvert aux autres, dont on ne craint plus ni les regards ni les jugements.

 

Développer l’intériorité

 

Imaginez un singe ivre piqué par un serpent !

Le dicton emprunté à la sagesse populaire indienne illustre on ne peut mieux l’un des objectifs du yoga : parvenir à suspendre les fluctuations du mental qui nous empêchent d’être présent à nous-même et aux autres. D’où l’invitation, après chaque exercice, à s’arrêter sur ses sensations et à les écouter. Qu’elles soient agréables ou non, il ne s’agit pas de vouloir les maîtriser mais de s’y couler, pour les vivre pleinement. Autrement dit habiter son corps mentalement. Cet abandon, ou lâcher prise, n’a pourtant rien à voir avec un quelconque laisser-aller. Chacun reste toujours conscient de ce qu’il est avec son corps et sa respiration.

 

S'ouvrir à la spiritualité

 

Le yoga permet à chacun d’advenir à ce qu’il est en profondeur.

Le souffle qui vous traverse le corps est d’une puissance propice à ressentir la présence de Dieu. Il considère même que, pour un croyant, il peut être une vraie aide à la prière. Toutefois, si le yoga nous met au bord de l’ouverture d’un chemin, il ne porte pas en soi de détermination religieuse. Chacun reste libre de cheminer selon ses propres balises, chrétienne, juive, musulmane, humaniste. Cette pratique nous rend d’abord plus humain, responsable de nous-même et des autres… ici et maintenant.

 

Le Raja yoga ou Yoga royal

 

Le raja yoga, également connu sous le nom de yoga royal, correspond au yoga décrit par Patanjali dans les Yogas Sutras, textes références datant d’environ 2 à 5 siècles avant l’ère chrétienne.

 

Les Yogas Sutras est un ensemble de 195 aphorismes (pensées et maximes), véritables clés de sagesse et de connaissances spirituelles, traitant de tous les aspects de l’existence humaine. On pourrait traduire le mot Sutra par corde ou fil. Sur ce fil, on trouve autant de perles contenant les secrets du Yoga, de son esprit et de sa pratique. Les Yogas Sutras sont composés de quatre livres, les Padaïs.

 

Le Samâdhi Pada explique le but du yoga : la libération des contraintes mentales et illusions qui s’y rattachent, afin de connaître l’état de liberté intérieure : le Samâdhi.

Le Sâdhana Pada aborde les moyens concrets et nécessaires à la mise en œuvre du processus de réalisation spirituelle.

Le Vibhûti Pada explique l'état heureux, manifestation de la puissance intérieure exprimée par l’action juste.

Le Kaivalya Pada approfondi les thèmes déjà développés.

 

Considéré comme étant la présentation la plus complète de la philosophie du yoga, ces livres décrivent d’une façon condensée toutes les formes traditionnelles de yoga. Patanjali y explique les façons de dépasser les souffrances du corps et de l'esprit et les obstacles à l'évolution spirituelle. En plus de décrire ce qu’est le yoga, il y explique la façon d’atteindre une conscience de l’Unité et les pratiques nécessaires pour cela. Ses propos considérés comme étant d’inspiration divine, restent encore de nos jours d’une surprenante actualité.

 

Le traité commence ainsi : Maintenant, le yoga va être enseigné, dans la continuité d'une transmission sans interruption. Ensuite vient la définition du yoga : Le yoga est l'arrêt de l'activité automatique du mental ou cessation des vagues mentales.


Le livre Sadhana Pada aborde le raja yoga et en explique la pratique structurée en huit étapes :

Yamas : règles pour une vie heureuse.

Nyamas : recommandations pour la relation avec soi-même.

Asana : attitude concernant le physique et le mental.

Pranayama : la science du souffle.

Pratyara : l’écoute sensorielle intérieure.

Dharana : le pouvoir de la concentration.

Dhyâna : la méditation.

Samadhi : la libération intérieure.

 

Les Yamas : cinq grandes clés de vie

 

Le respect et la protection de la vie dans toutes ses dimensions. Allant du respect de soi au respect de l’autre, de celui de la nature à celui des différences, cette pratique est le premier Yama : non-violence ou Ahimsa.

 

La recherche du vrai : sortir des préjugés, des restrictions mentales qui tronquent l’évidence, des croyances limitatives, dans une recherche d’authenticité, c’est là le défi du deuxième Yama : la vérité ou Sathya.

 

Le non-attachement : de la peur de perdre à l’illusion de l’appartenance, le non-attachement consiste à retrouver sa liberté pour ne plus chosifier les êtres et s’enfermer dans l’esprit de possession des choses. Il s’agit du troisième Yama : Asteya.

 

Une conduite sexuelle saine : essentielle à la continuité de la vie sur terre, la sexualité est sur le plan humain la manifestation de l’énergie de vie fondamentale. Vécue dans le respect, elle constitue une porte d’accès à l’intimité, l’amour, et la conscience du vivant en soi. Voilà le troisième Yama : Bramhacharya

 

La simplicité volontaire : reconnaître ce qui est utile de ce qui ne l’est pas. Un discernement qui allège la vie. Voyager léger est le meilleur moyen de ne pas mourir d’épuisement avant la fin du voyage. Un ami, grand voyageur, me disait qu’on mesurait l’expérience d’un voyageur à la taille de ses valises. Plus l’expérience du voyage est grande plus la valise est petite. Ce Yama se nomme Aparigraha

 

Ces cinq Yamas pourraient se résume ainsi : une vie saine, simple et heureuse grâce à une pensée juste.

 

Les Niyamas

 

La transparence : sans chercher à accrocher ou à s’accrocher, le rayon de soleil traverse la vitre ; ainsi la pureté de la transparence permet d’être et de laisser être. Alors actes et pensées harmonisés génèrent une vie que le premier Nyama appelle la pureté : Saucha.

 

Appréciation, reconnaissance, gratitude : être heureux, c’est savoir apprécier ce que l’on a et ce que l’on est. L’appréciation est une source d’abondance. La reconnaissance est une source de gratitude. Ainsi le deuxième Nyama ouvre sur la satisfaction d’être, le contentement : Santocha.

 

La pratique assidue : seule une pratique exercée dans la régularité et la continuité, libère l’énergie nécessaire à l’accomplissement.

Le troisième Nyama : Tapah, la pratique permet la mise à jour des forces vives qui engendrent la réalisation personnelle et spirituelle.

 

La connaissance de soi : connais-toi toi-même et tu connaîtras les Dieux disait Socrate. La Connaissance et la Reconnaissance de soi, révèle l’espace de Conscience, de sagesse et de vie cachée au plus profond de chaque être. Ce Nyama est nommé svadhyaya.

 

Le Oui à la vie : au-delà de ce qui a peur, refuse et perturbe, il est un lâcher-prise qui accepte, accueille, reçoit, dans la confiance en la vie et en l’avenir. S’ouvrir ainsi à ce qui est correspond au cinquième Nyama, l’abandon à Dieu : ishvarapranidhana.

 

Asana : être fermement établi dans un espace heureux

 

La juste posture correspond à l'équilibre entre le faire et le lâcher prise, l’action et le repos, l’être et l’avoir. L’asana est une question d’attitude car notre attitude détermine notre altitude. L’attitude correspond à une façon de voir et de comprendre les choses.

C’est une question de positionnement. C’est une question de choix entre une perception juste ou faussée, adéquate ou exagérée. L’asana consiste à trouver par l’intermédiaire du corps, compagnon indispensable à l’expérience intérieure, la stabilité et le calme mental qui ouvre sur la clarté de l’esprit aussi appelée clairvoyance.

 

L’asana permet de s’installer de façon stable dans le sentiment d’infinitude.

 

Pranayama : la dynamique du souffle

 

Le souffle de vie. Du premier au dernier souffle, en une suite ininterrompue d’inspirations et d’expirations la vie s’écoule. Ce mouvement autonome, indépendant de toute volonté, en permettant l’échange d’oxygène et de gaz carbonique, entretien les processus vitaux du corps. On peut rester plusieurs semaines sans s’alimenter, mais on ne peut pas passer plus de quelques minutes sans respirer. C’est dire toute l’importance vitale du souffle. On parle de la peur qui retient le souffle, de l’étonnement qui coupe le souffle, de la colère qui le rend haletant et court, et aussi du grand soupir de satisfaction profonde. Le souffle suit le rythme des émotions, et peut aussi les calmer.

 

Ainsi le souffle permet de réintégrer en une harmonie intérieure, l’énergie libérée par l’émotion. Le souffle s’il accompagne la totalité de la vie, permet aussi d’en régler l’intensité, la tonalité et la qualité. Le souffle, lorsqu’il est conscientisé et guidé par une attention soutenue, devient fluide, ample, allongé et subtil. Les yogis enseignent 108 façons de respirer, chacune ayant un effet particulier sur le corps, le mental et les émotions. L’art de ressentir l’énergie prana qui accompagne le souffle c’est le pranayama. Une pratique à vie, pour aérer l’esprit, retrouver le calme, et réveiller les potentialités de l’âme.

 

Pratyara : le retournement des sensations

 

Retour à soi, aux ressentis, aux perceptions intérieures, Pratyara est une écoute sereine de l’espace en soi. Les sens sont les portes du monde intérieur. Les perceptions sont l’intériorisation des stimuli en provenance du monde environnant. Sons, odeurs, images, goût, sensations, alimentent le mental d’informations essentielles à la compréhension du monde dans lequel nous agissons. Il s’agit là d’un processus naturel nécessaire à notre positionnement dans la vie. Cependant, si le flot d’informations est incessant, le mental, par sa tendance naturelle à la dispersion, va se servir de ce flot pour entrer dans un état d’agitation énergétivore. C’est pourquoi il est essentiel d’apprendre à exercer un retrait temporaire des perceptions en provenance des stimuli externes, afin de se reconnecter à la paix en soi. Pratyara se pratique par l’apaisement des sens à l’aide d’asanas et de pranayama, pour graduellement entrer dans le silence intérieur. C'est le moment béni où le brouhaha du mental cessant, se révèle la vacuité de l’esprit, propice à l’entrée dans l’état de méditation.

 

Dharana : la concentration

 

La pensée se nourrie d’énergie vitale.

Une pensée négative, dispersée, inharmonieuse, est porteuse de conflits et de contradictions. L’agitation de la pensée est incompatible avec la paix de l’esprit. Les sages disent que vouloir dompter le mental c’est vouloir arrêter le vent. On ne peut lutter contre le vent, mais il est possible de s’en mettre à l’abri ou de s’en servir comme le voilier s’en sert pour se diriger vers sa destination.

 

La concentration permet aux pensées de relâcher leur emprise toute puissante sur le mental pour laisser place à un état centré et paisible. Alors la lutte pour la paix de l’esprit cesse. Les tentatives de ramener la pensée sur un point central ne sont plus nécessaires. La concentration n’est pas un effort en vue d’atteindre un but, mais apparaît dès l’instant ou tout dans le mental converge naturellement vers ce but. Loin d’être le fruit d’une crispation, c’est le résultat d’une fluidité, orientée sur le but choisi. Se servir du mental c’est apprendre à le canaliser et à exploiter son extraordinaire pouvoir créatif.

 

C’est avec Dharana que se franchi cette étape incontournable pour toute réalisation possible.

 

Dhyana : la méditation

 

Si la concentration s’adresse au mental, la méditation rejoint la conscience d’être.

Il est essentiel de discerner la méditation en tant que mise en pratique d’une technique et Dhyâna, l’état de méditation résultant de la pratique méditative. L’un étant le moyen, l’autre la finalité. Comme l’expliquait le maître Dôgen au XIII siècle le méditant est "semblable au dragon dans l’eau et au tigre retrouvant sa forêt profonde".

 

L’état méditatif peut être recherché et atteint à travers plusieurs approches :

La méditation réflexive qui ouvre la porte à l’inspiration et à la créativité.

La méditation contemplative qui permet de pénétrer l’essence même des choses.

La méditation mantrique qui conduit au cœur de la vibration.

La méditation active qui donne un sens au geste.

La méditation silencieuse à l’écoute du silence.

Ces approches méditatives sont autant de chemins pour éveiller l’âme à la grandeur de la vie. Des phases d’immense bien-être, le sentiment de plénitude, le sens de l’essentiel, une joie sereine, voilà ce vers quoi conduit la pratique méditative du raja yoga.

 

Samadhi : quand la conscience est en relation avec cela même qui n'a pas de forme.

 

Samadhi est l'état d'unité au-delà du nom et de la forme.

Une percée en un espace que les mots tels qu’harmonie, lumière, infini, conscience cosmique ne peuvent que décrire partiellement. Comment expliquer ce qui n’a pas de forme dans notre monde qui se définit par la forme ? Comment parler d’absolu à partir de mots qui ne sont que l’expression de la relativité. Comment exprimer l’infini à partir d’un espace où tout à un début et une fin. Comment évoquer l’Un, alors que toute notre structure mentale prend ses racines dans la dualité. Il s’agit donc d’un état au-delà du mental. Un état qui ne peut que se vivre et non se dire. Souvent comparé à une porte qui s’entrouvre sur un espace vierge et inconnu, le Samadhi se défini dans les mots non par ce qu’il est, mais par ce qui en résulte : une libération des contraintes mentales, en un sentiment permanent d’unité avec le Tout.

 

Pour résumer cette démarche qui se vit au travers de pratiques et au cœur du quotidien :

 

Les deux premières étapes, Yama et Nyama, sont celles qui conduisent à une vie saine et équilibrée. Asanas et Pranayama, concernent la gestion de l’énergie physique et spirituelle. Pratyara, Dharana et Dhyâna, ancrent l’être dans sa source et dans ses forces.

 

Samadhi en est le couronnement qui libère des illusions et de la souffrance. Le raja yoga, qui fut longtemps considéré comme n’étant accessible qu’à des yogis de haut niveau est un chemin qui conduit de la souffrance à la connaissance et de l’obscurité à la lumière.

Parvenue du fond des âges, cette voie de sagesse est aujourd’hui accessible à ceux et celles qui ont ressenti au plus profond de leur âme l’importance de donner un sens à leur vie. Même si les temps ont bien changé et que les styles de vie n’ont plus rien de commun avec ceux de l’époque de Patanjali, il reste que les questions existentielles demeurent entières. Qui sommes-nous, où allons-nous, d’où venons-nous, quel est notre sens de vie, voilà les défis de la conscience humaine. Le Raja yoga balise ce questionnement et ouvre sur une pratique qui permet de trouver les réponses profondément enfouies en chacun de nous. Ces réponses reposent en un espace intérieur de paix et de joie de vivre. Le raja yoga est une voie de libération spirituelle, qui conscientise notre liaison à la vie, celle-là même que nous nommons selon nos convictions personnelles, Dieu, Énergie divine, Moi suprême, Force supérieure. Quel que soit le nom donné ou la forme évoquée, c’est dans un état d’être au-delà des mots et des concepts que se situe la connaissance qui libère.

Comments


bottom of page